L’innovation dans le secteur de la production vue par 3 experts

juin 27, 2017

Infor et IndustryWeek ont récemment organisé un débat sur les enjeux de 1er plan liés à l’innovation dans le secteur de la production. Des professionnels issus du secteur académique, du développement de solutions et de la conception de systèmes y ont participé en partageant leur point de vue. Ces 3 perspectives forment ensemble une image multidimensionnelle de l’innovation, de l’impact qu’elle peut avoir et des défits ancrés dans le déploiement de technologies innovantes.

Recherche et apprentissages fondés sur les données Andrew Dugenske du Georgia Institute of Technology a présenté l’innovation d’un point de vue académique. Très respecté pour ses formations pointues en ingénierie, Georgia Tech figure à la 4ème place du classement des meilleures écoles d’ingénierie de 2018 publié dans l’US News & World Report pour son programme de premier cycle et à la 7ème place pour son cursus de 2ème cycle. Andrew Dugenske est le directeur des systèmes d’information (DSI) d’usine à Georgia Tech et le président de Factory Right, un logiciel qu’il a développé pour la production.

Lorsqu’on lui demande de partager sa vision de l’innovation et des nouvelles technologies, Andrew Dugenske déclare que Georgia Tech propose un programme approfondi destiné aux industriels.

« Ils font appel à nous pour obtenir un conseil impartial », dit-il. Parmi les entreprises avec lesquelles Georgia Tech a travaillé figurent des grands noms tels que Siemens, Boeing, Nortel, Panasonic et Steelcase.

« Chaque société a un objectif différent et celui-ci doit toujours être notre point de départ une fois que la problématique de l’entreprise a été défini exactement. », poursuit Andrew Dugenske. « Nous pouvons ensuite mettre au point des tactiques, qui prennent parfois la forme de petites modifications, d’autres fois d’une proposition de grande envergure à déployer en étapes. »

Andrew Dugenske a affirmé que la création de prototypes et la réalisation d’essais sont des étapes cruciales du partenariat avec les industriels.

L’Internet des Objets (IoT) est l’une des plus grandes technologies innovantes du secteur de la production, Dugenske a-t-il ajouté en partageant des statistiques saisissantes issues de www.Industrial-IP.org, dont :


  • On s’attend à ce que 50 milliards de dispositifs soient connectés via Internet d’ici 2022.
  • L’Internet des Objets peut réaliser 14,4 milliards de dollars d’enjeu économique d’ici 2022.
  • Sur les 10 prochaines années, la production représentera un enjeu économique de 3,88 milliards de dollars, soit 27 % de sa valeur.
  • Les entreprises économiseront 675 milliards de dollars en rendant la main d’œuvre efficace grâce à l’IoT.
  • Les dispositifs intelligents rassembleront 729 milliards de dollars d’économies en éliminant les gaspillages.

Georgia Tech organise chaque année des ateliers sur l’IoT afin d’aider les entreprises à comprendre comment exploiter cette technologie.

L’innovation en pratique : contrôler les actifs sur base des conditions L’intervenant suivant a présenté des exemples pratiques d’entreprises qui ont transformé des idées innovantes en solutions concrètes influençant le chiffre d’affaires.

Steve Beard d’Infor a mis l’accent sur l’utilisation des technologies de l’IoT pour améliorer la gestion et la maintenance des actifs de l’atelier. Un grand éventail de tactiques peut être utilisé pour saisir, transmettre et analyser les données et pour mettre en place des mesures automatisées à partir des informations. La télématique, les technologies GPS/GIS, SCADA/PLC et drone jouent toutes un rôle important.

Les entreprises peuvent également utiliser la télématique pour gérer une flotte de véhicules tels que des camionnettes de service ou des camions de livraison.

« Dans leurs voitures ou leurs poids lourds, les producteurs peuvent enregistrer des données qui les aident à réduire les frais et à améliorer la productivité, tel que le suivi des véhicules, la consommation de carburant, le temps de cycle et le nombre de kilomètres », a-t-il expliqué.

Il a poursuivi en disant que le GPS (global positioning system) publie des coordonnées X/Y tandis que la technologie SCADA/PLC (supervisory control and data acquisition / programmable logic controller) enregistre une kyrielle de mesures, de l’analyse des vibrations à la vitesse en passant par la consommation énergétique, la tension et le temps de cycle.

En outre, les drones peuvent observer des situations d’en haut, enregistrer des vidéos et scanner des machines au laser, ce qui permet de remplacer de nombreuses routines d’inspection répétitives, dangereuses et qui entraînent de la saleté. Steve Beard a ensuite partagé des exemples de technologie au travail qui transforment les concepts abstraits de l’IoT en avantages concrets.

Télématique : L’un des clients d’Infor, l’une des plus grandes entreprises privées des États-Unis dont le chiffre d’affaires annuel dépasse les 23 milliards de dollars, intègre des données liées à la télématique dans son système de gestion d’actifs d’entreprise (EAM) depuis plusieurs années. Elle partage plus de 600 millions de caisses de nourriture et de boissons à travers le monde et dispose de plus de 90 entrepôts autour du globe et d’une flotte approchant les 3 000 camions et presque autant d’unités électriques rien qu’aux États-Unis.

L’entreprise a déployé Infor EAM pour mettre en place une structure transactionnelle qui lui permettrait de coordonner toutes les données nécessaires pour gérer efficacement sa flotte et satisfaire les réglementations en matière de rapport. Auparavant, les données étaient recueillies et stockées dans différents systèmes disparates, notamment dans des enregistreurs électroniques de bord. Ces appareils enregistrent entre autres des données sur la distance parcourue, la consommation de carburant, le nombre de kilomètres au litre et la performance de l’unité.

En intégrant ces données dans son système EAM, l’entreprise est parvenue à améliorer la gestion des performances et sa conformité, à affiner les évaluations des coûts liés à la flotte et l’exploitation de son effectif tout en faisant l’acquisition de biens immobilisés de manière plus informée. Comme son système EAM fait office de banque de données centrale, elle a mis au point une fiche d’évaluation de l’exploitation hebdomadaire de la main-d’œuvre qui rend visible les frais liés à la main-d’œuvre dans tous ses centres de distribution. Par conséquent, elle a pu réaliser 50 % d’économies sur la main-d’œuvre affectée.

GPS : Le secteur agricole du 21e siècle se dirige vers l’élevage de précision, c’est-à-dire l’exploitation des avancées technologiques pour améliorer le rendement de chaque mètre carré de terre. L’élevage de précision aide à réduire le gaspillage, optimise l’exploitation de la main d’œuvre, augmente les bénéfices et respecte l’environnement. Mais, plus important encore, il aide les éleveurs à mieux exploiter une ressource limitée pour alimenter une population mondiale en croissance.

L’un des clients d’Infor, l’un des plus grands cultivateurs maraîchers internationaux, emploie plus de 5 000 salariés et cultive, produit et expédie des carottes dans le monde entier. Afin de planter, de récolter, de nettoyer, d’emballer et de livrer ces produits alimentaires dans tout son réseau de partenaires, l’entreprise dépend d’actifs physiques de tous types, comme des tracteurs et des moissonneuses pour transporter des véhicules, ou encore des systèmes d’irrigation. Si les actifs tombent en panne, les cultures ne peuvent être récoltées, emballées et livrées aux clients. Pour résoudre le problème, il a suffi de faire du système Infor EAM, du contrôle de la situation et de la performance des actifs une initiative stratégique.

Il était difficile de réaliser l’entretien des différents véhicules importants de la flotte car ils étaient perpétuellement en mouvement et affectés à des opérations cruciales. La solution était pourtant assez simple. Des GPS ont été installés à bord de tous les véhicules importants. Le système de ces appareils permet de suivre la position des véhicules, mais également des données élémentaires telles que le nombre de kilomètres parcourus et le temps passé sur la route. Les données enregistrées par les GPS sont transmises à la plateforme Infor EAM grâce à un outil d’import Excel. Elles sont ensuite utilisées pour générer des bons de commande précis reprenant les coordonnées GPS afin que les techniciens envoyés sur place sachent exactement où se trouvent les véhicules devant être entretenus.

SCADA : Infor compte également parmi sa clientèle la 3e station d’épuration du Colorado en termes de taille. Celle-ci traite les eaux usées de deux grandes villes de l’État. Capable de traiter 190 millions de litres par jour, elle reçoit les eaux d'égout de plus de 20 districts. Son volume quotidien actuel s’élève à peu près à la moitié de ce chiffre. L’usine compte environ 10 000 actifs tels que des pompes, des moteurs, des turbines, des chaudières, des réservoirs de stockage et de retenue, des conduites, des zones, etc. La plupart des machines ont leur propre système d’exploitation qui effectue le suivi du temps de cycle et de la performance. Un logiciel est utilisé pour enregistrer, traiter, analyser et stocker des données opérationnelles et des évènements en temps réel tels que la vitesse, la température et le débit de la pompe afin d’étudier les anomalies opérationnelles et les corrélations, et de mesurer la consommation énergétique.

Ces données sont alors transmises au système Infor EAM. Lorsque les données tombent en dehors des seuils prédéfinis pendant plus de sept jours consécutifs, la plateforme EAM génère un e-mail d’avis contenant un lien qui permet au superviseur d’accéder directement au dossier de l’actif, de lire les mesures et de décider s’il convient de créer un bon de commande ou non. Cette utilisation de l’IoT permet de maintenir l’efficacité des pompes mais également d’optimiser le processus de maintenance et éviter le gaspillage au niveau de la main-d’œuvre et du matériel.

Les produits et les données en transformation L’orateur suivant était Neil Gatenby, architecte de services aux entreprises de la branche australienne de Thales. Thales est une entreprise de premier plan spécialisée dans le développement de systèmes et de solutions critiques destinées à cinq secteurs : l’aéronautique, l’espace, la défense, la sécurité et le transport. Ce groupe international compte 61 000 salariés, est présent dans 56 pays et engrange un chiffre d’affaire annuel de 17,6 milliards de dollars. L’an passé, il a investi 3,75 milliards de dollars dans la R&D.

Neil Gatenby a expliqué que l’innovation était le point d’orgue de Thales, tout particulièrement dans des secteurs tels que la défense. « Lorsque des vies sont en jeu, nous devons être sûrs de fournir à nos utilisateurs les applications les plus avancées du marché. Ils ont besoin de tous les avantages que nous pouvons leur proposer. »

Ceux-ci prennent souvent la forme de données. Le problème réside dans la manière d’appliquer ces données afin d’obtenir un avantage stratégique sans provoquer de risques pour la sécurité. Neil Gatenby a ajouté que l’exploitation des systèmes existants par rapport à la nouvelle technologie constituait un autre obstacle permanent.

À l’heure d’envisager les nouvelles technologies et la transformation digitale, la clé est de prolonger le cycle de vie des systèmes existants tout en adoptant de nouvelles fonctionnalités. La situation doit être équilibrée. Neil Gatenby a également expliqué que Thales a dû choisir une zone prioritaire pour déployer la première phase. L’entreprise a opté pour les processus opérationnels, dont l’amélioration des processus, le développement des salariés et la gestion des performances.

Le rapprochement de l’informatique et de la technologie opérationnelle était donc au cœur des préoccupations. Neil Gatenby en parle comme du « point de rencontre entre l’univers virtuel des systèmes informatiques et le monde physique des appareils ». Pour Thales, ces appareils peuvent désigner les machines d’une usine, une Jeep blindée derrière les lignes ennemies ou les plateformes navales qui réalisent l’entretien des flottes. Il a ensuite partagé des conseils tirés du récent déploiement de la technologie.

Comment combler le fossé qui sépare le monde de l’informatique et celui de la technologie opérationnelle à travers l’excellence des opérations ?


  • En gérant l’effectif et en contrôlant les machines et les processus. En s’efforçant sans arrêt d’apporter une valeur ajoutée.
  • En mesurant le taux de productivité et non en calculant le nombre de produits.
  • En agrégeant les données, mais également en les désagrégeant pour les besoins spécifiques.
  • En centralisant et en distribuant : visez à obtenir une cohérence holistique à la place de silos.
  • En intégrant et en privilégiant le fonctionnement inter-opérationnel. En favorisant la visibilité et la collaboration.


Où en est votre entreprise ? Le webinaire s’est terminé sur des statistiques du secteur issues des résultats d’une enquête sur les perspectives des PDG sur leur entreprise réalisée par KPMG. Plusieurs questions étaient posées pour obtenir leur avis sur les technologies de rupture et sur le changement de rythme. Les résultats montrent que ce domaine inquiète les PDG.


  • 75 % des PDG affirment s’inquiéter de l’arrivée de nouveaux acteurs venant bousculer le modèle commercial.
  • 73 % d’entre eux s’inquiètent de ne pas pouvoir suivre les progrès de la technologie.
  • 70 % d’entre eux s’inquiètent de la capacité des concurrents à leur voler des clients.
  • 65 % d’entre eux s’inquiètent de ne pas pouvoir proposer des produits et des services pertinents dans trois ans.

Les managers, quant à eux, se sont montrés plus enthousiastes. L’enquête de KPMG a demandé aux managers (dont beaucoup travaillaient dans des zones opérationnelles) de partager leur avis sur l’innovation et l’adoption de technologies. L’enquête a révélé que :


  • 53 % des managers affirment qu’ils ne ménagent pas leurs efforts pour créer une rupture au sein de leur secteur.
  • 52 % d’entre eux sont « à jour » par rapport à la technologie.
  • 48 % d’entre eux affirment que leur technologie est avant-gardiste.

Ces perceptions disparates indiquent clairement que les PDG et les managers ont du pain sur la planche. Communiquer sur la différence entre la vision et l’exécution doit être une priorité.

Que pouvez-vous faire pour vous assurer que votre entreprise encourage, stimule et s’adapte à ce taux élevé d’innovation ?

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